Mondiaglobalisation est publié par l'agence de presse LesNouveauxMondes.org

dimanche 27 septembre 2009

Mondialisation: mais où sont la voie et la voix de l’Europe?

Il y a un paradoxe politique fascinant et, pour tout dire, très inquiétant. Tous les gouvernants de l’Union européenne nous expliquent que l’Europe est une nécessité absolue. Sans Europe, point de salut. Notre avenir économique mais aussi en tant que civilisation dynamique et regardant résolument vers l’avenir ne pourra être garanti que si nous construisons une entité unie où nous allons tous dans le même sens. Et puis, à côté de ces discours à la fois visionnaires et alarmistes, il y a la réalité de la pratique de ces mêmes gouvernants. Voilà une crise économique et financière et tous mettent sur pied des plans de relance chacun dans leur coin qui n’ont aucune coordination, voire qui s’opposent! Et puis, ils reviennent à la charge avec leur rhétorique guerrière et messianique où nous devons nous unir, où nous devons aller tous dans le même sens. Mais sans se réunir autour d’une table pour vraiment travailler ensemble. Du coup, l’Europe coule et n’intéresse même plus grand monde, pas même en Europe…

Bien sûr, l’Union européenne est théoriquement une force politique, économique et militaire sur le papier. Bien sûr, les Etats-Unis continuent (pour combien de temps?) à la courtiser car ils savent qu’ils ont besoin d’elle car ils n’ont pas d’alliés aussi proches d’eux que cette vieille et bonne Europe qui, quoiqu’on en dise, partage plus avec eux qu’elle n’est différente que ce soit par son système politique, son système économique et sas valeurs jusqu’à ce qu’ils trouvent de nouveaux alliés du côté du Brésil ou de l’Inde et ailleurs. Bien sûr, la Chine continue à lui faire les yeux doux ca son marché est encore (pour combien de temps?) un débouché utile pour ses exportations jusqu’au jour où sa demande intérieure pourra prendre définitivement le relais. Bien sûr, les pays africains et certains pays arabes continuent (pour combien de temps?) à espérer des aides et des alliances avec les Européens avant que la Chine, l’Inde et le Brésil ne les remplacent définitivement même s’ils ne sont pas sûrs de gagner au change, une politique néo-colonialiste ressemblant toujours à une autre politique néo-colonialiste.

On dit souvent que l’on agit vraiment que lorsque les crises surviennent. Mais, justement, cette crise économique et financière qui a obligé tous les pays de planète à agir, n’a pas fait bouger d’un iota la construction de l’Union européenne vers une entité unie parlant d’une seule voix et mettant en place une politique identique.

Plus le temps passe et plus les occasions sont manquées, moins les gouvernements européens n’agissent ensemble. Un jour, pas si lointain, si tout continue ainsi, il n’y aura même plus d’occasions. Et, tous, gouvernants et gouvernés, nous n’auront plus que nos yeux pour pleurer…


Alexandre Vatimbella

© 2009 LesNouveauxMondes.org

vendredi 11 septembre 2009

Tout peut-il recommencer comme avant ?

Les politiques battent leur coulpe et affirment qu’ils seront plus vigilants. Les économistes battent leur coulpe et déclarent qu’ils seront plus sérieux. Les financiers battent leur coulpe et jurent qu’ils seront moins avides. Mais au-delà de ces déclarations, affirmations et serments de circonstances, demain on recommencera comme hier. Bien entendu, on inclura quelques leçons de la crise actuelle. Bien sûr, on fera un peu plus attention au départ (et, encore, rien n’est moins sûr..). Néanmoins, ce sera «business as usual» par la suite. Car sans doute c’est comme cela que marche l’économie de marché, celle qui a besoin du capital pour se financer et de la liberté des acteurs économiques et financiers pour fonctionner. Surtout, parce que les acteurs et les pays dont ils sont issus sont dans une bataille mondiale qui ne s’est pas arrêtée avec les problèmes actuels. Dès lors, faire en sorte de mettre en place les règles normales de contrôle et de régulation qui doivent régir un capitalisme sain dans le cadre d’une concurrence et d’une transparence essentielle à cette propreté des affaires n’est pas pour demain car personne n’en veut vraiment.

La finance n’en veut pas évidemment puisque son intérêt est de pouvoir développer tous les outils qui lui permettent de faire les plus gros profits indépendamment de sa mission première qui est, rappelons-le, de financer l’économie et non pas d’être une machine qui tourne en vase clos. Les entreprises n’en veulent pas parce qu’elles sont impliquées dans un combat mondial où les plus malins sont les gagnants même s’ils ne sont pas les meilleurs. Les Etats n’en veulent pas parce que cela pourrait brider leurs croissances et donc limiter leur développement et le bien être de leurs citoyens-électeurs.

Est-ce à dire que l’Humanité, incapable d’adopter des règles pour assurer un développement harmonieux (ou, à tout le moins, moins sauvage…) coure à sa perte? L’Histoire nous apprend malheureusement que les civilisations, même les plus fortes, peuvent s’effondrer en quelques années, souvent par leur faute et à la suite d’erreurs et de décisions irresponsables. La question est posée mais, à l’inverse des oiseaux de mauvais augure qui pensent que l’être humain est le problème ou, à l’inverse, des défenseurs d’un progrès capable de tout régler selon eux, la réponse demeure ouverte. Tout est encore possible. Espérons que la sagesse devienne une vertu partagée par les décideurs et touche les peuples à travers le monde pour que nous empruntions la route des possibles qui nous mène vers un développement économique dans un environnement de liberté et de concurrence où la régulation permet que celui-ci profite à tout le monde aujourd’hui et demain. Mais il y a beaucoup de pain sur la planche. Le prochain sommet du G20 à Pittsburgh (Etats-Unis) à la fin de ce mois de septembre sera une première indication sur le degré de responsabilité des dirigeants du monde et de leur volonté de mettre en place les outils permettant d’emprunter cette route.


Alexandre Vatimbella

© 2009 LesNouveauxMondes.org