L’agriculture dans le tourbillon de la mondialisation cherche sa voie Car si la mondialisation est une chance pour l’agriculture, elle est aussi un danger. Bien sûr, depuis fort longtemps l’agriculture est entrée dans la mondialisation mais elle se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Au moment où les gouvernants de la planète s’aperçoivent que remplir le ventre de leurs populations est leur première mission, celle-ci peut saisir sa chance et enfin remplir sa mission de nourrir l’ensemble des êtres humains de la planète tout en fournissant un revenu décent aux agriculteurs et en préservant les sols et autres richesses naturelles dont nous avons besoin pour vivre comme, en premier lieu, l’eau potable.
Vaste programme mais qui peut être atteint grâce aux meilleures techniques mises au point, grâce à la recherche agronomique et grâce à cette nouvelle prise de conscience mondiale.
Car même s’il y a des menaces qui pèsent sur les sols, de la désertification à la salinisation en passant par la pollution des métaux lourds ou le lessivage, les agronomes sont plutôt d’accord pour affirmer que la planète est tout à fait capable de nourrir sa population. Evidemment, cela passe par une nouvelle organisation au plan mondial, par des transferts de technologies des pays riches aux pays pauvres, par une meilleure protection de l’environnement ainsi que par un juste prix des denrées alimentaires de la Normandie au Burkina Faso en passant par le Midwest ou les plaines d’Ukraine.
Pour autant, ce regain d’intérêt pour l’agriculture ne doit pas en faire un simple objet de spéculation financière comme on commence à le voir ici ou là avec la création de fonds dont le but est de se positionner sur un secteur qui risque de prendre énormément de valeur dans les années qui viennent. Bien entendu, on peut se féliciter que les terres agricoles redeviennent une richesse mais on ne peut que s’inquiéter de les voir devenir objets de spéculation aux mains de personnes dont le but premier n’est pas de produire plus et mieux mais de faire des profits maximums. D’autant que les Etats, comme la Chine ou l’Inde mais aussi la France ou l’Allemagne, ne sont pas en reste, eux qui se sont mis à acheter des millions d’hectares un peu partout dans le monde pour nourrir des populations qui n’habitent pas forcément le même pays, voire le même continent. D’où, évidemment, la présence des spéculateurs que l’on vient d’évoquer.
Cette nouvelle donne mondiale peut être porteuse d’espoir mais aussi de graves dangers en faisant de l’agriculture un domaine comme un autre. On peut la libérer de ses archaïsmes mais on peut aussi la précipiter dans un puits sans fond où sa chute vertigineuse serait lourde de conséquences pour notre futur.
Alexandre Vatimbella
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