Sommes-nous à la sortie de la crise ou bien proche de son pic ou encore dans l’inconnu quant à sa force et sa durée ? Les économistes se battent pour défendre, certains, la première option, d’autres, la deuxième et d’autres encore, la troisième. Outre que cela démontre une nouvelle fois que la prévision économique est tout sauf une science, cela prouve aussi une incapacité à voir clair dans la situation actuelle mais aussi dans des chiffres et des faits manipulés jusqu’à leur faire dire le contraire de ce qu’ils veulent dire. Il n’est pas question ici d’ajouter une prévision aux millions qui sont faites ailleurs. Nous ne sommes pas des experts et nous le reconnaissons.
Reste qu’il peut sembler étrange, par exemple, que, tout d’un coup, certains prennent pour argent comptant les incantations du Parti communiste chinois sur les 8% de croissance du PIB de la Chine en 2009. Peut-être que cela s’avérera vrai mais rien ne permet de prétendre aujourd’hui que ce chiffre est le résultat d’une constatation sérieuse de la situation. Tout, au contraire, montre qu’il s’agit de faire correspondre à une volonté politique une réalité économique quitte à prendre quelques libertés avec la réalité tout court... Et il nous faudrait alors croire sans plus d’analyse ce que prétend le gouvernement indien qui voit la reprise à tous les coins de rue depuis plusieurs mois. Ou avoir cru les affirmations des Russes et des Brésiliens mais aussi des Chinois et des Indiens que la crise économique et financière mondiale ne passerait pas par chez eux.
A force de croire que les signes de reprise sont là, certains oublient qu’il y a une crise. Il faut quelques statistiques comme le taux de chômage aux Etats-Unis, la croissance en Allemagne depuis le début de l’année ou le marasme du marché de l’immobilier en Californie, Etat par ailleurs en faillite, pour nous rappeler qu’il y a des problèmes. Et nous préférons être comme Saint-Thomas. Nous ne croirons à la reprise que quand nous la verrons. Non pas quand nous la fantasmerons. C’est moins excitant mais plus sage.
Alexandre Vatimbella
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